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Giacomo Mantovan

Docteur(e)
Thèse soutenue en septembre 2015

Coordonnées professionnelles

gmantovan[at]gmail.com

Directeur de thèse : Gilles Tarabout et Patrice Bourdelais

École doctorale : EHESS - Santé, Populations et Politiques Sociales (SPPS)

Année d’inscription : 2007

 

Combattants et victimes en temps de guerre et d’exil. Violence, mémoire et subjectivité dans les récits de vie de Tamouls sri lankais en France

 

Cette thèse porte sur la mémoire et les histoires de vie de Tamouls sri lankais arrivés en France depuis les années 2000. Elle s’appuie sur une enquête ethnographique portant sur les récits de vie d’exilés, dont beaucoup ont combattu au sein de l’organisation indépendantiste des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), et sur les politiques d’accueil des demandeurs d’asile. Celles-ci sont étudiées à partir d’un travail de terrain mené, d’une part, dans une agence privée d’aide à la préparation du dossier de demande d’asile et, d’autre part, au Comité médical pour les exilés (COMEDE) et dans les deux institutions officielles d’accueil (OFPRA et CNDA).

Ce travail vise à appréhender l’émergence et la construction du sujet politique dans différents contextes. Il cherche à saisir le rôle des institutions, des injonctions sociales, des normes et des valeurs socioculturelles dans le façonnement des subjectivités. On tente de comprendre de quelle manière l’interprétation et le sens conféré au passé contribuent à définir ce que les exilés sont. La violence étant omniprésente dans les récits de vie examinés, on analyse comment la mise en récit du vécu s’articule avec les usages sociaux faits de la violence dans divers contextes (LTTE, institutions d’accueil, COMEDE).

On met également en lumière que la guerre n’est pas seulement un moment de désagrégation sociale, mais qu’elle entraîne une reconfiguration de l’ordre social, politique et culturel. En effet, dans une situation historique en rapide évolution (notamment l’émergence puis la défaite finale des LTTE, et l’exil) se produisent de nouvelles collectivités et de nouvelles individualités.

Enfin, on met en évidence que raconter sa propre histoire, se reconnaître ou non dans un sujet collectif, révèle notre place dans le monde : il s’agit d’une négociation de notre rapport avec les autres et avec la société où nous vivons. Il est ainsi possible d’analyser la manière dont les exilés font face à leur souffrance et reconstruisent leur vie.

Ayant examiné la formation du sujet politique dans plusieurs contextes, la thèse se termine par une réflexion sur le rôle de la mémoire, de la narration et de la violence dans la construction du soi.

 

Mots clés : violence, subjectivité, récits de vie, mémoire, exil, nationalisme, guerre civile, politiques de l’asile, exclusion, identité, Tamouls sri lankais, France.

 

Allocations et financements

 

2007-2010, Allocation de recherche de l’EHESS

2014, Bourse de fin de thèse du programme NExT du PRES héSam «  Dynamiques asiatiques. Échanges, réseaux, mobilités   »

Prix

2014. EASAS (European Association for South Asian Studies)  Research Student Award pour la communication « Between Subjectivisation and Resistance : The Relationship between Sri Lankan Asylum Seekers and Asylum Courts in France », présentée lors de la 23rdEuropean Conference on South Asian Studies, University of Zurich, Zurich.

 

Publications

 

Articles dans des revues à comité de lecteur

(en préparation), « A “Tactical” Use of Collective History: How Sri Lankan Tamils Write Their Life Histories for the Asylum Application in France », Citizenship Studies, Routledge.

2012, « Quand l’événement violent génère des récits : biographies institutionnelles de Tamouls sri lankais en France », Mondes contemporains, n° 2, p. 81-104.

2011, « Les récits de vie des demandeurs d’asile tamouls. Vers une mémoire collective ? », Hommes et migrations, n° 1291, mai-juin, p. 40-51.


Chapitres d’ouvrages

(en préparation) « Personne dans la communauté n’est venu me dire que je suis de cette caste-là et que je dois souffrir. C’est toi, Papa, qui me l’as dit”. Réflexions sur l’héritage et les temporalités de l’histoire d’un révolutionnaire tamoul et de son fils exilés en France », Nanterre, Éditions de la MAE

2011, « “Faire parler” : réflexions autour de l’écriture des récits de vie pour la demande d’asile des Tamouls sri lankais », in Madavan Delon, Dequirez Gaëlle et Meyer Eric (dir.), Les communautés tamoules et le conflit sri lankais, L’Harmattan, Paris, p. 183-212.

Participation à des projets de recherche collectifs

Co-organisateur de 4 Journées d’Études avec les doctorants de la formation doctorale « Santé, Populations, Politiques Sociales » (SPPS) de l’EHESS :

« Modalités d’enquête et construction de l’objet dans la recherche en sciences sociales de la santé », EHESS, le 5 mai 2009

« L’événement et ses politiques dans le domaine de la santé », MSH-Paris Nord, le 10 novembre 2010

« Enquêter sur la subjectivité dans le domaine de la santé », EHESS, le 26 octobre 2011.

« Les mobilisations dans le domaine de la santé », EHESS, le 13 novembre 2012.

Membre du réseau Santé et Société

Membre du groupe de recherche : Études Sociales et Politiques des Populations, de la protection sociale et de la santé (ESOPP)

 

Communications

 

2015. « Vivre pour construire la nation tamoule. Ethnographie des parcours de vie d’ex-combattants des Tigres tamouls exilés en France ». Communication présentée lors de la Journée doctorale du CEIAS, EHESS, Paris

2014, « Between Subjectivisation and Resistance: The Relationship between Sri Lankan Asylum Seekers and Asylum Courts in France », communication lors de la 23rd European Conference on South Asian Studies, University of Zurich, Zurich.

2014, « Formes des récits et expériences morales des demandeurs d’asile Tamouls sri lankais en France », communication lors du colloque Réfugiés, ville, santé mentale, INALCO, Paris.

2013, « Comment construire et développer un sujet de thèse. Cheminement d’une thèse sur les récits de vie des Tamouls sri lankais en France » communication lors du séminaire de Patrice Bourdelais et Anne Rasmussen, Construire une histoire de la santé publique, EHESS, Paris.

2013, « Comment mener un “terrain sensible”? Enjeux éthiques et épistémologiques » communication au cours de L3 Anthropologie des migrations assuré par Ines Espirito Santo, Université Paris 8 Saint-Denis, Saint-Denis.

2012, « Secret, frontières, intersubjectivité : dialogues aves les anciens militants des Tigres tamouls en France », communication lors du cours de L3 Anthropologie des migrations assuré par Ines Espirito Santo, Université Paris 8 Saint-Denis, Saint-Denis.

2011, « Les récits de résistance : un chemin pour négocier sa place dans la société », communication lors du 11e séminaire Jeunes Chercheurs de l’Ajei, « La discrimination en Asie du Sud », EHESS, Toulouse.

2011, « De l’indicible au dicible. Ethnographie des récits de vie des Tamouls sri lankais en France », communications lors de la Journée de présentation doctorale du CEIAS, EHESS, Paris.

2011, « Vivre en exil. Processus de coping chez les Tamouls sri lankais exilés en France », communications lors de la Journée de présentation doctorale de la formation doctorale SPPS, EHESS, Paris.

2010, « La mise en récit des persécutions lors de la demande d’asile des Tamouls sri lankais en France », communication lors de la journée d'étude L'évènement et ses politiques dans le domaine de la santé, EHESS/MSH Paris Nord.

2010, « De la difficulté de parler à la construction des récits de vie », communication lors de la Conférence internationaleLes communautés tamoules et le conflit sri lankais, Sorbonne, Paris.

2009, « Qu’est-ce qui a de l’importance pour les réfugiés politiques ? Construction de l’objet de recherche à partir d’un terrain auprès des Tamouls sri lankais en Ile-de-France », communication lors de la journée d'étude Modalités d’enquête et construction de l’objet dans la recherche en sciences sociales de la santé, EHESS, Paris.

2009, « Religion et souffrance sociale chez les Tamouls sri lankais en Île-de-France », communication lors de la journée d'étude Le religieux et le sacré dans la ville, Université d’Evry, Evry.

2008, « Souffrance et trajectoires thérapeutiques des Tamouls en Île-de-France », communication lors de l’Atelier de travail : Sri Lanka et diaspora sri lankaise, dirigé par le professeur Eric Meyer, Université Paris 8 Saint-Denis, Saint-Denis.

 

Dernière mise à jour le 29/05/2015

EHESS
CNRS

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Reassessing caste in South Asian diasporas

Journée(s) d'étude - Vendredi 20 janvier 2017 - 09:15Le Centre d'études de l'Inde et de l'Asie du Sud (CEIAS) oragnise, le 20 janvier 2017, sa 21ème Journée d'étude intitulée "Reassessing caste in South Asian diasporas". Cette Journée d'étude est organisée par Mathieu Claveyrolas, Christine Moliner et Pierre-Yves Trouillet et aura lieu à l'EHESS (salle 638/641) - 190-198, avenue de France 75013 Paris.Programme de la 21ème Journée du CEIAS9h15 | Welcome tea/coffee9h30 | Welcome address by the Direction of the CEIAS9h45 | Introduction of the conference by the organizers10h |  Eleanor NESBITT (University of Warwick),Researching Caste in the UK's Hindu and Sikh Communities: some reflections10h30 |  discussion Denis MATRINGE (CNRS-CEIAS)10h45 |  Break11h | Christine MOLINER (EHESS-CEIAS),Caste and its diasporic avatar: findings from fieldwork among Sikhs in the UK11h30 | discussion Eleanor NESBITT (University of Warwick)11h45 | Annapurna WAUGHRAY (Manchester Metropolitan University),Caste, discrimination, and the law: reflections from the UK12h15 | discussion Nicolas JAOUL (CNRS-IRIS)12h30 - 13h45: Lunch-buffet13h45 |  Parveen AKHTAR (Aston Centre for Europe),From the Biraderi system to ‘normal’ politics: How Young British Pakistanis are challenging patronage politicking14h15 | discussion Aminah MOHAMMAD-ARIF (CNRS-CEIAS)14h30 | Pierre-Yves TROUILLET (CNRS-CEIAS/Passages),The Brahmin priests of the Tamil diaspora temples: Migration and caste issues15h00 | discussion Catherine CLÉMENTIN-OJHA (EHESS-CEIAS)15h15 | Tea/coffee break15h30 | Mathieu CLAVEYROLAS (CNRS-CEIAS),Religious structure or political lobby? Caste taboo and ideology in Mauritius16h |  discussion Zoé HEADLEY (CNRS-CEIAS)16h15 | General discussion and concluding remarks16h45 | Cocktail   (...)

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Translation and the languages of Islam: Indo-Persian tarjuma in a comparative perspective

Conference - Jeudi 08 décembre 2016 - 09:00Convenors: Corinne Lefèvre (CNRS) & Fabrizio Speziale (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) On the occasion of the 4th international conference of the Perso-Indica project (http://www.perso-indica.net/), we would like to consider our main object of research—the Persian translations and original works bearing on Indic cultures—in a wider perspective than has generally been the case. We aim to do so by comparing the Indo-Persian movement of translation that took place in the subcontinent from the 13th century onwards with other processes of translations operating primarily from and to non-Muslim languages (e.g. Greek, Syriac, Pehlevi, Sanskrit into Arabic, etc.; Arabic into Latin; Greek into Ottoman Turkish, etc.) and, secondarily, between different languages of Muslim societies (e. g. Arabic into Persian, Turkish, Malay, Sub-Saharan languages, etc.; Persian into Urdu, Turkish, Malay etc.). We therefore invite contributions bearing on such movements of translation in different regions of the Muslim world between the 7th and 19th centuries, and highlighting the ways in which each specific translation process articulated the relation between source, “bridge” and target languages. Within this broad frame of comparison, we more specifically invite each contributor to provide elements of reflection on at least one of the following questions: Translated: what was the literary form (prose, poetry) of the original text and to what literary genre or tradition did it (or was it considered to) belong? Which field(s) of knowledge did it cover? How popular was it in the society and time in which it was written?Translator(s): who is translating? An individual: if so, is translation part of his everyday job, is he a professional cultural broker such as the well-known Ottoman dragomans? Is, on the contrary, translation an accident in his professional trajectory geared towards other activities, be they intellectual or not? Is the translator part of a group specialized in translation: does he, for instance, belong to a “bureau” of translation or to a family/lineage renowned for its multilingualism and its abilities as cultural go-between? Is the translator a collective and, if so, what do we know of the dynamics and tensions at work in the process of translation? More generally, what are the networks (social, intellectual, economic, religious, political) in which the translator participates? In paying particular attention to the identity (both individual and collective) of the agents of translation, the idea is here to sketch a contrasted socio-intellectual history of the translators active in the pre-colonial Muslim world.Patron(s) of translation: is the translation a personal initiative undertaken for personal reasons? Is the translation the result of a commission by an individual or an institution? If so, what do we know of the relation between the translator and his patron prior and after the translation? How was the translator selected and on what criteria? What, if any, were the material conditions (salary, linguistic training, library, etc.) provided by the patron for the realization of the translation? How much involved was the patron in the composition of the translation (e.g. checking its progress, editing passages, etc.) and on which aspects (if any) of the process did he intervene? Purpose(s) of translation: if every translation is as such a scholarly effort and may be said to partake in the long run in a general epistemic endeavor, the projects and processes of knowledge building in which many of them were framed need careful examination in order to uncover the function(s) assigned to the texts once they were translated and, by the same token, to understand the idiosyncrasies of each translation. In other words: why was a particular text selected for translation in a particular time and place and what was/were the (political, religious, social, scientific) role(s) assigned to the translated text by the translator and/or his patron? While the purposes of translations in the Muslim world were of course multiple, particular attention will be paid here to the ones that were commissioned as part of state- or empire-building and to those that were conceived in a missionary perspective of conversion/in a spirit of proselytism and even of conversion.Process and tool(s) of translation: unveiling the purpose(s) of translation is crucial in order to understand its process and the multiple transformations it entailed at the levels of literary form and genre, language and signification. Bringing the why into light will certainly help us better explain and circumscribe the how and ultimately allow us to lay out a number of correspondences between the purpose assigned to a translation and the methods used for its realization or the type of translation produced as a result. Closely connected to the question of process is the issue of the linguistic and philological instruments and resources available in the society in which the translator was active: what were the dictionaries, glossaries, grammars, etc. at hand when the translator started his work? Did he know of their existence? If so, did he use some of them and how?Audience, reception and circulation of translation: how was the translation received by its targeted audience, especially by its patron in the case of commissioned works? How widely did it circulate in contemporary Muslim societies and beyond, and through which specific networks? Did it become a “source” for later translations in other languages, especially in other languages of Islam and in European languages? Studying the afterlife of such translations in both the Muslim world and Europe is crucial to put in perspective and in dialogue the Orientalist traditions they respectively built. In this respect, a particular important question is the appropriation by Western scholarship of translations composed in an Islamicate context: how were these translations understood by European intellectuals and colonial administrators and what was the role (and visibility) of such translations in the latter’s knowledge-building on the society to which the “Ur-text” belonged or on the language in which it was originally written?(...)

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