Membres | Doctorant(e)s associé(e)s

Hélène Fleury

Doctorant(e)
Institution(s) de rattachement : Université Paris-Saclay

Coordonnées professionnelles

lnfleury[at]gmail.com

Directrice de thèse : Brigitte Gauthier

Ecole Doctorale : Sciences de la Société (ED SHS) /  Pôle Sciences Sociales et Humanités / UEVE

Année d’inscription : 2013

 

La réception internationale des peintures du Mithila, entre globalisation et aires culturelles

 

A des occasions rituelles, les peintures du Mithila créent un espace sacré : les femmes tracent sur le sol des aripanas et recouvrent les murs de représentations mythologiques, végétales et animales, réputées protectrices. D’autres supports sont employés poterie, éventails, plats de mariage et papier composant des répertoires de styles. Les peintures murales disparaissent après dix ans. Transférées sur papier dans les années 1940 pour être commercialisées, elles connaissent d’importantes mutations.

Depuis la publication, en 1949, par W. Archer, de l’article « Maithil Painting », la dimension rituelle et formelle de cette pratique a été érigée en tradition immuable, notamment par M.-Archer, P. Jayakar, U. Thakur et Y. Véquaud. Cette conception essentialisée est liée à des notions de pratique collective, anonyme et féminine, fondée sur une répartition de styles par castes, popularisée par cet article fondateur, selon lequel : les femmes Maithils brahmanes pratiquent le style coloré, un tracé souligné d’un cerne noir, empli de couleurs vives ; les femmes Kayasths, le style linéaire, un tracé fin associé aux pigments noir et rouge.

Avec l’entrée dans la sphère marchande globalisée, les techniques créatives évoluent, les produits s’adaptent au marché. Une fusion des styles prédomine avec l’émergence d’une génération de peintres qui mixent des éléments symboliques de différentes aires culturelles. Du local au global, les peintures sont parties prenantes d’une culture visuelle complexe, où les transferts sont démultipliés. Perçues comme hybrides, elles sont traversées par des flux transnationaux qui contribuent à leur renouvellement artistique. Depuis les années 2000, les conditions d’élaboration des œuvres sont l’objet de nouvelles analyses, différenciant les contextes rituels et marchands, comme le soulignent C. Brown Heinz, N. Rhekha, M. S. Singh ou C. Val Davis. Cette évolution peut s’expliquer par la prise de conscience des mutations des peintures et par l’influence des cultural turns.  

En outre, l’apparition d’hommes peintres, motivés en particulier par la perspective de gains, interroge les catégories de genre liées à une pratique longtemps féminine. Ces changements pourraient induire une amorce de déconstruction du genre ; plus probablement, pérennisent-ils l’emprise, sur les femmes peintres, de formes de domination masculine.

Or ce passage de la tradition à l’innovation a longtemps été occulté et l’histoire de la réception internationale de ces peintures a été peu étudiée. Je me propose de l’analyser selon les objectifs suivants : sérier les phases de la réception par aires culturelles, étudier le réseau des médiateurs et analyser les contextes de signification des œuvres attribués par les médiateurs.

La réception post-Archer débute en 1948 en Inde : une approche essentialiste tend à y être instrumentalisée par un concept d’indianité revendiqué dans la construction de l’identité nationale.

La réception en Allemagne s’articule autour de l’anthropologue E. Moser-Schmitt. Au Japon, T. Hasegawa, dirige, depuis 1982, le Mithila Museum à Tokamachi-shi. En France, Y.-Véquaud coréalise Mithila en 1974, expose sa collection et publie en 1976, L’art du Mithila. La réception aux Etats-Unis se structure autour d’une pluralité de médiateurs tels que R. et N. Owens, D. Szanton et S. Snow Wadley. Elle prend en compte les communautés Intouchables et les dimensions commerciales et de genre.

A partir de la fin des années 1990, une génération de chercheurs nord-américains (C.-Brown-Heinz et C. Val Davis) et indiens (M. Shekhar Singh et N. Rhekha) déconstruisent au prisme des cultural studies, l’interprétation des œuvres. Selon ces récentes perspectives de genre, la nature, omniprésente dans les œuvres, décèlerait une symbolique de fertilité, liée à l’univers féminin des peintres qui, avec leur vocabulaire pictural, écrivent le corps. Désormais, la majorité des médiateurs se situe dans un tiers-espace entre les cultures et circule à l’échelle globale. Dans ce contexte, l’étude des médiateurs transnationaux relève de parcours singuliers tout en soulignant une vision de la globalisation, susceptible de saisir ce que sera peut être l’universalisme de demain.

 

Communications lors de colloques ou journées d’étude

 

« Heroization and International Reception of Mithila Paintings Constructing Women (Painters) Figure in William’s Archer’s and Yves Véquaud’s Writings », colloque international Bihar and Jharkhand. Shared History to Shared Vision. In Memory of Arvind Narayan Das, ADRI Silver Jubilee Celebrations, organisé par Asian Development Research Institute (ADRI), Patna (India), Hotel Maurya, 24-28 mars 2017, Technical Session XVIII: Visual Cultures and Identities, 27 mars 2017.

 

« L’empreinte hippie dans les écrits d’Yves Véquaud : une évocation (dés)enchantée du monde indien au prisme des peintures du Mithila ? » , Séminaire Actualités de la Recherche en Asie du Sud, Paris, CEIAS (EHESS / CNRS), 12 janvier 2016.

 

« L’empreinte hippie dans les écrits d’Yves Véquaud : une quête néotantrique incarnée par l’art du Mithila ? », colloque international Contre-culture dans les arts indiens. Peinture néo-tantrique : littérature, musique et danse dans les années 60-80, coordonné par Tiziana Leucci et Raphaël Rousseleau. Paris, Musée du Quai Branly, 28 mai 2015.

 

« La réception des peintures du Mithila dans la globalisation », débat-conférence L’impact des diasporas sur l’économie-monde, coordonné par Vasoodeven Vuddamalay, Université d’Evry Val d’Essonne (UEVE), IUT Gestion Logistique et Transports, 9 avril 2015.

 

« L’amour dans les peintures du Mithila : réception et interprétations. L’exemple de William Archer », atelier thématique de recherche L’amour entre norme et transgression : art, histoire, fiction (CEIAS/CNRS-EHESS), coordonné par Marie Fourcade, Tiziana Leucci et Raphaël Rousseleau, Paris, EHESS, 18 décembre 2014.

 

« Les peintures du Mithila : évolution des techniques créatives et adaptation des produits au marché », rencontre thématique Les arts en Inde, animée par Catherine Servan-Schreiber dans le cadre du salon L’Inde des livres, Paris, Mairie du XXe arrondissement, 17 novembre 2013.

 

« William Archer et les arts visuels indiens : l’exemple de l’œuvre picturale de Rabindranath Tagore »,  colloque Tagore-Ray, UEVE / les Cinoches Ris Orangis, 28 septembre 2013.

 

« Les peintures du Mithila : une lecture de l’indianisme ? », in Aires culturelles / Area Studies. Approches de l’interculturalité dans différents systèmes d’enseignement supérieur, journée d’étude dans le cadre du projet TRACES (Théoriser La Recherche en Aires Culturelles : Evolution et Stratégies), UEVE, en coopération avec l’Université de Versailles Saint-Quentin et l’Institut des Amériques, 30 mai 2013.

 

« Espace et Utopie. De la globalisation à la conception planétaire », avec Damien Ehrhardt, in Arts, Langue et Interculturalité : Alternatives au paradoxe de la globalisation, colloque organisé par l’UFR Langues, Arts, Musique, de l’UEVE, 27 mars 2012.

 

Publications


« Traces of Hippie-dom in Yves Véquaud’s Writings : a Neotantric Quest by the Mithila Art ? A (Dis)enchanted Evocation of India and South Asia through Mithila Paintings ?»,, Counter-Culture and Indian Arts: Neotantric Painting, Literatur, Music & Dance in the 1960s-80s, dir. Tiziana Leucci, Joep Bor, Philippe Brugière et Raphaël Rousseleau. New Delhi, Oxford University Press, [communication au colloque international Contre-culture dans les arts indiens, Paris, Musée du Quai Branly, 28 mai 2015] (publication prévue en 2016)

 

« Les peintures du Mithila : évolution des techniques créatives et adaptation des produits au marché » in From Made in India to Designed in India – Artisanat, Art et Design en Inde, dir. Philippe Bouquillion et Catherine Servan-Schreiber, Paris, éditions Arcadia (épreuves corrigées).   

 

« William Archer et les arts visuels indiens : l’exemple de l’œuvre picturale de Rabindranath Tagore », Rabindranath Tagore – Satyajit Ray – Une filiation indienne, Brigitte Gauthier (dir.), avec le concours d’Amrit Inamdar, collection « les points dans les poches », série S.C.R.I.P.T., Lavérune, éd. l’Entretemps, 2014, p. 150-164 [communication au colloque Tagore-Ray, Université d’Evry Val d’Essonne / les Cinoches Ris Orangis, 28 septembre 2013].

 

« L’Inde en miniature à Paris : le décor des restaurants », in Diasporas indiennes dans la ville, Catherine Servan-Schreiber et Vasoodeven Vuddamalay (dir.), dossier de la revue Hommes et Migrations,  juillet-octobre 2007, p. 168-173.

 

Animation de panels, de tables rondes

 

Panel 2: « Des bords de l'Europe à la mondialisation », Journée d'études Musique et transferts culturels. De l'Europe à la mondialisation, Evry, Université d'Evry, 21 novembre 2016.

 

Valorisation de la recherche

 

« La réception des peintures du Mithila par William Archer », communication lors de la conférence-débat Mithilâ : l’honneur des femmes, animée par Martine Le Coz avec Stéphanie Claveau dans le cadre de l’exposition conçue par David Szanton, Martine le Coz et Véronique Vasari,  Les peintures du Mithila, Saint-Aignan-sur-Cher, Centre d’exposition La Prévôté, 7 mars 2015.

Organisation de la Journée Doctorale  du CEIAS : Etudes sur l’Asie du Sud – Pratiques, Méthodologies, Interprétations – Apports empiriques et théoriques, EHESS, 9 mai 2016, dans le cadre d'un mandat de "représentante des doctorants" (Octobre 2015 - Septembre 2016), cf. rapport scientifique, in Newsletter CEIAS, n° 13, été 2016.

 

Implication dans la vie universitaire et autre activités universitaires

 

Membre élu du Conseil du laboratoire SLAM, UEVE/Université Paris-Saclay (UPsay), 2015-2018

Membre du Jury des 12e, 13e et 14e Concours interuniversitaires d’écriture poétique organisés par le CROUS de Versailles, 2014-2016

Représentante des étudiants du laboratoire SLAM de l’UEVE auprès de l’ED SHS, UPSay, 2014

Exposé « Les reconfigurations des peintures du Mithila », dans le cadre de l’Unité d’enseignement libre, Les diasporas indiennes, sous la direction de Vasoodeven Vuddamalay, UEVE,  juin 2012

Relecture et correction de l’ouvrage Interculturalité et transfert, Berlin, Duncker & Humblot, 2012

Participation au jury de soutenance de la licence Administration des territoires, UEVE, juin 2011.

 

Financements

 

Bénéficiaire de 3 aides financières pour le soutien des activités scientifiques des doctorants de l'UEVE/Université Paris-Saclay, laboratoire SLAM. 

 

 

Dernière mise à jour le 14 juin 2017

EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

Rencontre littéraire autour d'Amruta Patil

Rencontre - Mardi 27 juin 2017 - 18:00Le Diwan Wilson présente une Rencontre littéraire autour de l’artiste et écrivaine indienne Amruta Patil, auteure de trois romans graphiques.Amruta Patil sera en conversation, en anglais, avec Sneharika Roy (American University of Paris).La Rencontre littéra (...)(...)

Lire la suite

Raja Mandala : dans le cercle des rois

Colloque - Jeudi 08 juin 2017 - 09:00Ce colloque a pour objet la royauté comme paradigme des relations socio-politiques en Inde, et modèle du processus de « civilisation ».L’Inde et sa civilisation ont le plus souvent été appréhendées à travers l’institution des castes et le cadre conceptuel de (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

Centre d'Études de l'Inde et de l'Asie du Sud
UMR8564 - CNRS / EHESS

Attention nouvelle adresse!
54 boulevard Raspail
75006 Paris, France

Tél. : +33 (0)1 49 54 83 94

Communication :
nadia.guerguadj[at]ehess.fr

Direction :
dir.ceias[at]ehess.fr

 

La bibliothèque du CEIAS
Maison de l'Asie
22 avenue du Président Wilson 75016 Paris

Tél. : +33 (0)1 53 70 18 79

bibinde[at]ehess.fr

 

La collection Purushartha
54 boulevard Raspail
75006 Paris, France

purushartha[at]ehess.fr