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Nicolas Cane

Doctorant(e)
Institution(s) de rattachement : EPHE

Coordonnées professionnelles

nicane[at]free.fr

Représentant des doctorants 2013 - 2014 avec Bérénice Girard

Directrice de thèse : Charlotte Schmid

École doctorale : EPHE - Religion et Systèmes de Pensée

Année d’inscription : 2011

Cempiyaṉ Mahādevī, reine et dévote : un “personnage épigraphique” du Xᵉ siècle

 

Cempiyaṉ Mahādevī (alias Cempiyaṉ Mātēvi ou Sembiyan Mahadevi) occupe une place à part parmi les innombrables souverains qui peuplent les livres d'Histoire de l'Asie du Sud. Cette reine du Pays Tamoul que l'on peut aisément présenter comme la plus illustre souveraine de la prestigieuse dynastie Cōḻa, une lignée qui régna sur l'Inde du Sud durant près de quatre siècles (849-1279 A.D.), est en effet restée dans l'Histoire comme l'un des commanditaires de temples les plus actifs et l'une des plus généreuses donatrices de son temps. Depuis que furent relevées puis publiées, au tournant du siècle dernier, les premières inscriptions pariétales du gigantesque corpus épigraphique tamoul de la période Cōḻa, un corpus dans lequel le nom de Cempiyaṉ Mahādevī apparaît de façon répétée, le personnage de la reine au destin grandiose révélé par ces documents millénaires n'a en effet cessé de s'élaborer. Ce “personnage épigraphique” — figure historique dont seules les inscriptions parvenues jusqu'à nous attestent l'existence —, a ainsi inspiré une abondante littérature secondaire qui, décennie après décennie, présente invariablement la reine Cempiyaṉ Mahādevī comme un modèle de dévotion féminine à Dieu tout autant qu'à son défunt mari le très pieux roi Kaṇṭarātityā Cōḻa (c.949-956). À la disparition de celui-ci, peut-on lire dans ces ouvrages, la reine aurait en effet dédié sa vie à la célébration de sa mémoire et n'aurait eu de cesse ensuite de bâtir des temples de Śiva comme autant de témoignages d'amour inscrits dans le paysage du Pays Tamoul. Des temples villageois qui, selon les historiens de l'Art Indien, constituent les prémices des grands temples dynastiques bâtis par les empereurs Cōḻa aux XIe et XIIe siècles et offrent ainsi les meilleurs exemples de ce que l'on pourrait appeler un “premier art cōḻa”.

 

La démarche adoptée pour cette thèse consiste tout d'abord à reconsidérer sur la base d'un retour aux sources historiques cette figure iconique de Cempiyaṉ Mahādēvī présentée par les auteurs du siècle passé, afin de distinguer clairement ce qui, dans la constitution de ce personnage de reine  exemplaire érigé en symbole de l'identité tamoule, relève des sources primaires d'une part et de la littérature secondaire d'autre part. Les témoignages épigraphiques ont, en effet, formé la base du portrait hagiographique de la reine délivré par cette littérature secondaire. Or, peu d'historiens disposant d'un accès direct au langage de ces inscriptions tamoules anciennes, bon nombre d'auteurs n'ont abordé ces sources historiques cōḻa  que par le biais des traductions anglaises disponibles pour une petite partie d'entre elles seulement, ou encore, par celui des courts résumés qui accompagnent parfois leur texte tamoul dans les publications épigraphiques. Cette entreprise de déconstruction reposant nécessairement sur une étude minutieuse du corpus épigraphique des différents temples où la reine laissa son empreinte, une bonne partie de mon travail de terrain est ainsi consacrée au recensement et à la (re-)lecture in situ, chaque fois que c'est encore possible, de ces dizaines d'inscriptions dans lesquelles apparaît Cempiyaṉ Mahādēvī.

 

Autre volet de cette thèse, une étude du programme iconographique novateur que côtoient ces inscriptions au sein des temples patronnés par la reine, me permet notamment d'interroger la relation complexe qui existe entre texte et image, littérature dévotionnelle et art religieux, et plus largement de mettre en évidence la contribution majeure de la grande reine à la diffusion du śivaïsme tamoul véhiculé par le mouvement de bhakti en Inde du Sud. Il s'agit pour moi d'illustrer la façon dont Cempiyaṉ Mahādēvī, par son patronage royal de lieux de cultes non-royaux anciens, a non seulement largement inspiré l'art cōḻa des fondations royales ultérieures, mais a également pu constituer un modèle de dévotion pour les souverains de la lignée Cōḻa lorsqu'ils firent de leurs temples impériaux une formidable vitrine de leur dévotion royale, un puissant reflet de leur pouvoir politique en expansion.

 

Les différents axes adoptés pour cette thèse permettront ainsi de dresser un portrait peut-être plus authentique, si ce n'est plus nuancé, de cet illustre « personnage épigraphique » et de cerner la place particulière qu'il occupe aujourd'hui dans l'identité culturelle tamoule.

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