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	Cultures et constructions historiques dans l’Asie du Sud de la première modernité

Cultures et constructions historiques dans l’Asie du Sud de la première modernité

6 avril 2011

Coordination scientifique : Pascale Haag et Corinne Lefèvre

 

Écriture de l’histoire et identités religieuses

 

France Bhattacharya (CEIAS)

Construction historique autour d’un râjâ et d’une déesse : L’Annadâmangala de Bhâratacandra Râya (v. 1750)

En 1752 environ, le poète bengali Bharatchandra Ray est chargé par son protecteur le Raja Krishnachandra de Nadia de faire deux choses à la fois : composer un poème de louange en l’honneur de la déesse Annada-Annapurna dont il veut répandre le culte dans ses états et, en même temps, dans le même ouvrage, écrire un panégyrique en l’honneur de sa lignée en racontant l’histoire de son ancêtre-fondateur. Bharatchandra s’exécute et rédige l’Annadamangal, n’hésitant pas à faire évoluer ses personnages entre le mythe, la légende et l’Histoire. On se demandera quel profit en ont tiré les dévots, les férus de légendes locales et les historiens de l’Inde.

 

Christopher Minkowski (Université d’Oxford)

The śāstric study of Islamic sciences and the memory of Sūryadāsa

Sūryadāsa, a learned Vedic Brahmin and innovative thinker of the sixteenth century, was one of the first śāstrīs to attempt a description of the Islamic astral sciences current in India in his day.  In his work he endorsed a position of pragmatic engagement with this ‘alien’ science. Nevertheless a Sanskrit poetical biography of Sūrya composed two centuries later remembered him as an extra-Vedic tantric, who used his yogic powers in implacable resistance to the Muslim ruler of Ahmadnagar, the Deccani state in which he lived.  Why did the recollection of Sūrya take this unexpected shape?  The lecture will trace the memory in Sanskrit writings of Muslim rulers and their patronage, and review the communication, or lack thereof, between specialists in the Brahminical learned disciplines and their Indian counterparts in the learned disciplines expressed in Arabic and Persian.

 

Denis Matringe (CNRS)

“What Ratan Sigh heard, this he wrote”: exploring the first Sikh historical narrative

The first historical account written by a Sikh on his “community”, the Srī Gur Panth Prakāś (The noble light of the way of the Gurus), by Ratan Siṅgh Bhaṅgū (d. 1846), was completed in 1841, between the death of Mahārājā Rañjīt Siṅgh (1839) and the British conquest of the Panjab (1849). The presentation, after locating this narrative in the textual production of the Sikhs, will focus on the author’s discourse on his enterprise and question, on the one hand, the relationship between memory, apology and history in his writing, and on the other hand, the way he historicized received traditions, thereby playing a key role in the creation of the Sikh historical tradition and in the setting up of its main themes.

 

Perspectives croisées sur les traditions historiographiques sud-asiatiques et occidentales

 

Cédric Ferrier (chercheur indépendant)

L’écriture de l’histoire selon Kalhana, chroniqueur cachemirien du XIIe siècle

Kalhaṇa, auteur cachemirien du XIIe siècle, est considéré à bien des égards comme le premier véritable historien d’expression sanskrite. Il a rédigé, sous la forme d’un mahākāvya, c’est-à-dire d’un vaste poème, l’histoire du Cachemire des origines à son époque, la Rājataraṅgiṇī. En nous appuyant  sur la présentation de son projet exposée dans le livre I, on essaiera de voir comment il envisage le fait d’écrire l’histoire, en insistant sur les questions de méthode mais aussi d’esthétique. Bien que singulière, nous montrerons que cette œuvre s’enracine dans une certaine tradition historiographique indienne. Cela nous amènera à nous interroger plus largement sur la place de l’histoire dans la culture indienne.

 

Catherine Servan-Schreiber (CNRS)

Le passé moghol dans le roman historique contemporain

Influencé par Walter Scott, lancé par Bankim Chandra Chatterjee dans les années 1870, le roman historique connaît une nouvelle vogue avec la montée des régionalismes indiens des années 1980. Affranchi des conventions littéraires des genres médiévaux raso, gâthâ et premâkhyân, il reste dominé par les idéaux rajputs. Sur fonds d’alliances sans cesse renouvelées ou brisées entre le clan des Rathaur du Marwar et le pouvoir moghol, La malédiction de la sati (Satî ké sarâp) prend pour intrigue une rencontre avec une femme hindoue de haut rang, qui conduira à la perte de Shah Jahan. Comment et pourquoi le passé moghol mobilise l’imagination des élites locales du Bihar, région restée fidèle à la mémoire de la dynastie afghane de Sher Shah Suri, tel sera le sujet de l’exposé.

 

Communautés savantes et historicisation de la transmission des savoirs

 

Fabrizio Speziale (Sorbonne nouvelle – Paris 3)

Biographes musulmans et tadkira ourdoues de médecins hindous au début du XXe siècle

Les biographies (tadkira) des savants constituent une source très importante pour l’historiographie des sciences du monde musulman. A la période moghole, on trouve des notices sur les médecins dans quelques ouvrages historiques et recueils biographiques généraux de figures éminentes de l’époque. C’est dans le milieu médical réformiste du début du XXe  siècle que les médecins yūnānī produisirent les premières tadkira en ourdou dédiées exclusivement aux savants en médecine, qui incluent également les biographies de nombreux médecins hindous. Ces ouvrages n’étaient probablement pas destinés exclusivement aux lecteurs musulmans mais également à la classe des savants hindous persanophones et ourdouphones, qui s’était formée à partir de l’époque moghole tardive, et dont plusieurs représentants sont décrits dans les tadkira de médecins composées à l’époque coloniale.

 

Dominik Wujastyk (Université de Vienne)

Rāmasubrahmaṇya’s Manuscripts: Intellectual Networks in the Kaveri Delta, 1693–1922

In the last decade of the seventeenth century, in South India, King Śāhaji of Thanjavur founded an academic community at the village of Tiruviśainallūr, on the banks of the river Kāverī near Kumbakonam. In this paper I report on a visit to the village in 2005, and describe the work and manuscript library of Rāmasubba Śāstrin, an active scholar from about 1900 whose descendants today energetically maintain some of the traditions founded by King Śāhaji’s academy.

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