Ateliers thématiques | Les équipes du quadriennal 2006-2009

~ Diaspora de l’océan indien : Les grandes transformations des échanges commerciaux et culturels avec l'Inde depuis la fin de l'engagisme

Coordination : Catherine Servan-Schreiber et Jacques Weber

 

L'Inde représente la seconde dynamique de diaspora mondiale. Appréhender ce phénomène, marqué par le jour de célébration national (Pravasi Bhartiya Divas, le 9 janvier), et reflété par les activités de l'association GOPIO (Global Organisation of People of Indian Origin) oriente la recherche d'une équipe regroupant linguistes, historiens, anthropologues et économistes.

L'intérêt de prendre l'aire indian-océanique pour objet d'étude est double. D'une part, s'il est vrai que la diaspora de l'Océan indien concerne le second type des quatres formes dénombrées par les géographes pour cette migration (cf. les travaux de Frédéric Landy), dans la mesure où elle représente principalement la main d'oeuvre "engagée" sous-contrat de l'économie sucrière de plantation, elle incarne aujourd'hui des formes de relation avec l'Inde spécifiques et innovantes. D'autre part, à l'heure de réformes économiques dans lesquelles l'Inde continue de s'engager,  une expansion des relations avec les riverains majeurs de l'Océan indien figure de manière de plus en plus affirmée parmi les priorités des décideurs.

Tout en privilégiant l'Ile Maurice comme exemple de diaspora, du fait de son appellation de "Chota Bharat", "Petite Inde", et de sa forte majorité de population indienne, l'étude s'appuiera aussi sur des travaux menés en Afrique du Sud , à Madagascar, et à la Réunion.

Tout en gardant à l'esprit la démarche historique instaurée par des chercheurs comme Jean Aubin, dans cette aire géographique, on se propose de prendre comme point de départ de la réflexion la fin de l'engagisme (autour des années 1930), comme une date marquante de l'évolution du phénomène de diaspora.

En effet, les études portant sur la diaspora indianocéanique ont été essentiellement menées autour des thèmes de l'engagisme, et ont principalement concerné l'adaptation de la main d'oeuvre sucrière à l'économie de plantation des Européens. Mais l'émergence d'une nouvelle bourgeoisie indienne, ainsi que le développement accéléré de la perte du systeme de repère villageois traditionnel, au profit d'une urbanisation de plus en plus intense, engendrent des perceptions différentes dans les domaines économiques, religieux et culturels,  et suscitent de nombreuses questions.

On se demandera donc de quelles grandes transformations témoignent les liens entretenus avec l'Inde par une nouvelle société indianocéanique urbanisée, en se proposant d'aborder trois axes de réflexion différents :

 

I. La transmission des savoirs

Dans un contexte géographique et culturel où les modèles anglais et français dominent, l'Inde reste toujours perçue comme un lieu d'obtention des diplômes, un lieu de formation artistique et musical, une source de savoir religieux. A cette transmission traditionnelle s'ajoute à présent celle des transferts technologiques, comme en témoigne la récente construction de la Cybercity de l'Ile Maurice. Les analyses se feront principalement à partir de l'étude des mouvements associatifs, des sociétés savantes, de la presse périodique et des maisons d'édition.

 

II. Les stratégies d'implantation
Les répercussions des nouvelles politiques économiques et militaires de l'Inde seront étudiées dans une double dynamique. D'une part, les effets de l'envoi de main d'oeuvre indienne dans le domaine du textile et de la construction au sein des communautés,  et d'autrepart, les répercussions de la politique indienne d'investissement et de fiscalité.Parmi les thèmes traités: le financement d'un nouveau paysage rural religieux, l'Océan indien comme "paradis fiscal", la concurrence entre mains d'oeuvre indiennes et chinoises...

 

III. L'essor d'un nouveau tourisme
Parmi les transformations inhérentes à cette culture de diaspora, l'extension d'un nouveau tourisme est marquante. Elle apparaît comme un débouché important, notamment dans l'Etat du Bihar,  jusqu'à présent orienté vers un tourisme asiatique en liaison avec le bouddhisme. On étudiera l'impact des stratégies incitatives de "Tourisme au pays des ancêtres" menées par cet Etat dans l'aire indianocénique. A l'inverse, les effets de l'intensification  d'un tourisme de classes aisées en provenance de l'Inde seront prises en compte. 

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