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Monica Guidolin

Doctorant(e)
Institution(s) de rattachement : EHESS

Coordonnées professionnelles

monica.guidolin[at]ehess.fr

Directeur de thèse : Jean-Claude Galey

École doctorale : EHESS - Anthropologie sociale et ethnologie

Année d’inscription : 2007

 

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De l’imaginaire de la mort dans les pratiques et expériences d’une région de l’Inde Centrale. Le cas des Pardhans du Madhya Pradesh.

 

Dans la formulation de notre projet de recherche doctorale, notre attention sur la dimension de la « mortalité » a été attirée par la volonté de mettre en lumière cette notion par rapport à son imaginaire, à travers l’analyse de certaines pratiques et expériences capables de proposer un regard nouveau à l’intérieur des études anthropologiques sur le sujet. Dans ce type de problématiques, l’examen de la cérémonie funéraire représente sûrement un point crucial étant compté parmi les rites de passage les plus significatifs.

Le Madhya Pradesh illustre un cas d’étude particulier, tant par la présence numérique des communautés classées comme tribales (ādivāsī)1, que par le panorama culturel et social dans lequel ils agissent, enrichissant le tissu des traditions différentes qui habitent cette ceinture du pays. Le témoignage d’une telle fécondité culturelle encadre bien le scénario socio-anthropologique, ainsi que la vivacité historique qui, depuis des siècles, a traversé cette « Terre du Milieu ». L’approche comparative adoptée autour de la ritualité funéraire chez certains groups de Pardhans du Madhya Pradesh oriental a permis le développement de l’enquête dans une alternance continue et stimulante entre le savoir anciende la tradition et culture gond – dont les Pardhans sont les premiers témoins et dépositaires - et le niveau de pénétration de l’hindouisation classiquement conçue qui va modifier les expériences et les pratiques du deuil. Sous cet aspect, la progression de l’enquête a suivi une évolution que nous définirions circulaire : du contexte urbain de Bhopal à celui rural des villages d’origine du Dindori district, le cadre ethnologique qui en est dérivé n’a pu se soustraire à la relation entre ces deux implantations.

Dans quelle mesure alors la « culture funéraire » peut concourir d’une certaine manière à la ri-proposition d’un imaginaire partagé et à la recomposition d’une mémoire culturelle collective ? Dans quelle mesure ces figurations symboliques participent-elles de conceptions ou de pratiques particulières de la mort et quelle perspective adopter afin de ri-articuler le dialogue entre réalité observée et sa représentation sur de nouvelles bases ?

C’est à partir de ces questions qu’ on a commencé à appliquer notre regard sur les implications du social mises en action pendant ce « perfectionnement » terminal2, où le concept de « imaginaire » nous a fourni ainsi l’occasion pour entamer une réflexion sur d’autres aspects apparemment moins évidents par lesquels on a pu aborder notre sujet de recherche selon différents angles d’approche, tels que les relations de parenté face au processus d’urbanisation, ou encore les changements et les interactions entre les catégories de tradition et modernité, où l’analyse linguistique peut représenter une fenêtre d’observation très utile.Nos terrains se sont enrichis d’un travail comparatif nécessaire, où le dialogue entre les lieux impliqués a tracé des coordonnées significatives dans la lecture de la ritualité funéraire, en dévoilant les dynamiques en mutation sur le thème de la vie, de la mort et de la renaissance, aussi que sur la cohabitation avec les formes régionales de ce qui est considéré comme l’hindouisme classique. Le choix de prendre à référence deux implantations s’accorde bien avec notre perspective d’analyse, ouvrant des fenêtres de communication réciproque à l’égard de la position socio-culturelle occupée par les Pardhans et de la vision qu’ils en donnent. C’est bien là alors que l’étude sur le rapport entre imaginaire et rituel funéraire traduisant les conceptions cosmogoniques et thanatologiques d’une communauté se croise avec le thème du rapport caste-tribu dans le contraste de milieux urbain-rural et du concept de « glocalisation » avec les redistributions qu’il pilote.



[1] Par le terme ādivāsī on va indiquer les habitants originaires de l’Inde.

[2] Cette action de « perfectionnement » renvoie au terme sanscrit de “saṃskāra”.

 

 

Dernière mise à jour le 22 avril 2016

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